Guide MES ou ERP : qui pilote la fabrication, qui pilote la gestion, et qui tient l'engagement client ?

MES ou ERP : la question se pose dans toute entreprise industrielle qui s'équipe, et elle en cache une troisième. L'ERP gère l'entreprise : commandes, achats, stocks, coûts, facturation. Le MES exécute la fabrication au plus près de l'atelier, l'APS et la GPAO la planifient. Aucun des trois n'a pour objet principal l'engagement pris envers un client : la date promise, la décision à prendre quand elle glisse, la trace de ce qui a été convenu. Ce guide sépare les trois niveaux, puis situe le quatrième.

La réponse courte

Gérer, planifier, exécuter, tenir.

Quatre verbes, quatre familles d'outils. Les deux premières se recouvrent souvent, les deux dernières presque jamais.

Ce que pilote l'ERP

« Qu'a-t-on commandé, acheté, produit, facturé ? » Commandes clients et fournisseurs, stocks, plan directeur, coûts de revient, facturation, comptabilité. Il voit l'usine par ses flux de gestion, au jour, à la semaine ou au mois. C'est la référence transactionnelle de l'entreprise.

Ce que pilote le MES

« Où en est la fabrication réelle, et comment a-t-elle été faite ? » Lancement des ordres, affectation aux postes, collecte des données de production, encours, traçabilité et généalogie des lots, qualité en production, performance des équipements. IBM le décrit comme une passerelle entre les systèmes de planification de l'entreprise et les opérations de production proprement dites.

Ce que pilotent l'APS et la GPAO

« Que peut-on fabriquer, dans quel ordre, et quand ? » La GPAO tient nomenclatures, gammes, ordres de fabrication et charges, souvent comme module de l'ERP. L'APS calcule un plan faisable à capacité finie et ordonnance l'atelier sous contraintes, en logiciel dédié ou intégré à l'ERP ou au MES.

Ce que pilote pylotik

« Tiendra-t-on la date promise, et qui doit décider si elle glisse ? » L'affaire vue comme un engagement : contrat, jalons de livraison et de réception, risques, comités, décisions, actions, charge des équipes qui portent le projet, marge à terme. Le client suit et valide ce qui le concerne, sans voir vos coûts.

La référence

Les niveaux de la norme ISA-95.

La norme de l'International Society of Automation range les systèmes d'une entreprise industrielle en cinq niveaux, du procédé à la gestion. Elle traite d'abord, selon l'ISA elle-même, de l'interface entre les niveaux 3 et 4 : c'est exactement la frontière entre le MES et l'ERP.

Niveaux de la norme ISA-95, systèmes typiques et horizon de décision, et place du pilotage des engagements
NiveauDomaineSystèmes typiquesCe qui s'y décide
4Planification et logistique de l'entrepriseERP ; selon les cas CRM, PLM, planification directriceQuoi produire, pour quel client, avec quels achats et à quel coût ; à l'horizon des jours, des semaines et des mois
3Gestion des opérations de fabricationMES ; GMAO pour la maintenance ; qualité et stocks d'atelier ; ordonnancement détailléComment exécuter l'ordre, sur quel poste, avec quelle traçabilité ; à l'horizon de l'équipe, de l'heure, de la minute
0 à 2Procédé, mesure, commande et supervisionCapteurs, automates, SCADAFaire fonctionner la machine ; à la seconde ou moins
Hors niveauxLa relation avec le client et les fournisseurs du projetpylotikTenir la date promise, arbitrer un écart, tracer la décision ; au rythme de la semaine et du comité

La GPAO et l'APS se placent à la charnière des niveaux 4 et 3 : la planification à capacité finie relève de l'entreprise, l'ordonnancement détaillé de l'atelier, et les éditeurs ne découpent pas tous la frontière au même endroit. La dernière ligne n'appartient pas à la norme : elle dit où se situe un logiciel de pilotage des engagements, à côté de la pile et non dedans. Ce n'est pas un niveau de plus au-dessus de l'ERP, c'est la relation qui relie l'usine à ceux pour qui elle produit.

Besoin par besoin

Qui couvre quoi, de l'atelier au client.

La dernière colonne dit où les familles se recouvrent, et ce qui dépend de l'éditeur.

Besoins d'une entreprise industrielle : MES, ERP, APS, GPAO et pylotik
BesoinFamillepylotikChevauchement ou limite
Commandes, achats, stocks, coûtsERPNon Le contrat du projet reprend ce qui est commandé, facturé et payéLa GPAO est souvent un module de l'ERP
Nomenclatures, gammes, ordres de fabricationGPAO, ERPNon Pas de gestion des nomenclaturesCertains MES gèrent aussi les ordres et leurs gammes
Plan faisable sous contraintes de capacitéAPSNon Pas d'ordonnancement de la productionDes ERP et des MES intègrent un module d'APS
Exécution à l'atelier, encours, données machinesMESNonAutomates et SCADA alimentent le MES en données
Traçabilité et généalogie des lotsMESNonExigence réglementaire dans certains secteurs : elle reste dans le MES
Maintenance des équipementsGMAONon Il tient le contrat de maintenance, pas le parcVoir GMAO et contrat de maintenance
Jalons de l'affaire : réceptions, livraison, mise en serviceERP à l'affaire, gestion de projetOui Jalons contractuels, avenants confirmés par le clientUn ERP à l'affaire suit aussi des jalons, souvent ceux de la facturation
Risque de retard, options, décision avec le clientRarement le centre d'un ERP ou d'un MESOui Risques, comités, décisions et actions historisésRapports et circuits d'approbation existent chez certains éditeurs ; à vérifier
Charge des équipes du projet : études, méthodes, mise en serviceERP, PSAOui Plan de charge, temps à la semaine, alertesLa charge des machines et des opérateurs reste au MES et à l'APS
Sous-traitants qui livrent une partie de l'affaireERP, côté achatsOui Projets liés et jalons surveillés, avec le module Projet étenduL'ERP garde la commande d'achat et sa réception
Cas d'usage

Le MES voit l'écart, pylotik gouverne sa conséquence.

Une PME fabrique à la commande des lignes d'emballage pour des industriels de l'agroalimentaire. Chaque affaire est un projet : étude, approvisionnements, fabrication, réception en usine avec le client, livraison, mise en service sur son site. Un sous-ensemble prend trois jours de retard à l'atelier.

  1. MES : l'écart est constatéL'opération en cours a pris du retard ; le MES en connaît l'encours, le poste et la cause déclarée.
  2. APS ou GPAO : un nouveau planLe planificateur recalcule ce qui est faisable : la réception en usine glisse, ou une autre affaire cède sa place.
  3. ERP : les conséquences de gestionDates de commande, achats et coûts sont mis à jour ; la facturation adossée au jalon attendra.
  4. pylotik : l'engagementLe jalon de réception passe en risque, partagé avec le client. Le comité pose les options, la décision est consignée, chaque action a un responsable et une date, le compte rendu part en validation chez le client.
Quatre questions sur un même retard : ce qui s'est passé, ce qui est faisable, ce que cela coûte, et ce que l'on dit et décide avec le client.

Ce que chaque outil apporte

Le MES dit ce qui est arrivé, l'APS ce qui reste possible, l'ERP ce que cela change pour la gestion. Aucun ne dit, à lui seul, quel engagement est menacé, qui doit trancher entre replanifier, prioriser, informer le client ou proposer un avenant, et quelle trace commune on garde de ce choix. C'est ce que tient pylotik, sur les jalons, les risques, les décisions et les actions de l'affaire.

Ce qui ne se fait pas tout seul

Rien ne remonte du MES vers pylotik d'office. Le chef de projet constate l'écart et le porte dans le pilotage, comme il le ferait aujourd'hui dans un tableur, mais là où le client le lit et où la décision reste attachée au jalon. Si le volume d'affaires le justifie, un connecteur se définit pour ce cas d'usage précis.

Comment choisir

Quand chaque outil convient, et quand la comparaison ne s'applique pas.

Un ERP, avec sa GPAO, suffit quand…

  • La production est simple ou peu variable Des gammes stables, un suivi d'atelier par déclaration, sans collecte machine.
  • La traçabilité demandée reste au niveau de l'ordre Pas de généalogie fine des lots à prouver.

Un MES, et souvent un APS, s'imposent quand…

  • L'atelier doit être suivi au plus près Encours, arrêts, cadences, performance des équipements, données des machines.
  • La traçabilité est une obligation Généalogie des lots, qualité en production, preuves réglementaires.
  • Le plan ne tient plus à la main Contraintes de capacité, séquences, changements de série : c'est le terrain de l'APS.

pylotik est complémentaire quand…

  • La production sert des affaires avec des dates promises Fabrication à la commande, équipements spéciaux, projets industriels, travaux neufs.
  • Le client, interne ou externe, doit suivre et valider Réceptions, comptes rendus, avenants, avec une trace que personne ne réécrit. S'il travaille en anglais, il choisit son interface : pylotik existe en français et en anglais.
  • Plusieurs équipes et sous-traitants portent l'affaire Études, méthodes, fournisseurs : la charge et les jalons se lisent ensemble. Voir la gestion de projet dans l'industrie.

La comparaison ne s'applique pas quand…

  • Il n'y a pas d'engagement daté envers un client identifié Une production en série sur stock se pilote par le MES, l'APS et l'ERP.
  • Le besoin est le temps réel de l'atelier Supervision, arrêts, données machines : pylotik n'est pas fait pour cela.
Les limites

Ce qu'il faut savoir avant de comparer.

Côté pylotik Ce n'est ni un MES, ni une GPAO, ni un APS : pas d'ordres de fabrication, pas de nomenclatures, pas d'ordonnancement, pas de collecte de données machines, pas de traçabilité des lots. Il n'émet pas les factures et ne tient pas la comptabilité : il envoie les ordres de facturation à l'ERP, par un connecteur réalisé selon vos besoins. Aucune donnée du MES ou de l'ERP n'y entre sans un connecteur défini pour le cas d'usage ; il n'a pas d'API publique aujourd'hui.

Côté familles, les mots ne veulent pas dire la même chose chez tous les éditeurs. Le MES et la GPAO se recouvrent largement : en règle générale, la GPAO organise et planifie la production, le MES suit et pilote son exécution, plus près du temps réel. Certains ERP couvrent une partie du MES, certains MES intègrent l'ordonnancement, et un APS peut vivre seul ou dans une suite. Ce guide décrit des familles, pas des produits : chaque fonction se vérifie sur la documentation de l'outil considéré. Pour l'ERP vu depuis une société de services, voir ERP ou logiciel de pilotage.

Questions fréquentes

Ce qu'on nous demande sur le MES et l'ERP.

Quelle différence entre un MES et un ERP ?

L'ERP gère l'entreprise : commandes, achats, stocks, coûts, facturation, au rythme des jours et des semaines. Le MES gère l'exécution de la fabrication à l'atelier : ordres lancés, postes, données de production, traçabilité, au rythme de l'équipe et de l'heure. Dans la norme ISA-95, le premier est au niveau 4, le second au niveau 3.

Quelle différence entre un MES et une GPAO ?

Les deux se recouvrent. La GPAO organise la production : nomenclatures, gammes, ordres de fabrication, charges, souvent dans l'ERP. Le MES suit et pilote l'exécution de ces ordres à l'atelier, avec la collecte des données et la traçabilité. Les éditeurs ne placent pas tous la frontière au même endroit.

Où se place l'APS ?

À la charnière de l'ERP et du MES. L'APS calcule un plan de production faisable à capacité finie, puis ordonnance l'atelier sous contraintes. Il existe en logiciel dédié ou en module d'un ERP ou d'un MES.

pylotik peut-il recevoir les données du MES ?

Pas d'office : aucun connecteur standard n'existe. Les connecteurs de pylotik sont optionnels et se réalisent selon les besoins des clients, à partir du palier Business. Un échange avec un MES se définit pour un cas d'usage précis, par exemple remonter l'état d'un ordre vers le jalon d'une affaire.

pylotik convient-il à une usine ?

À ses projets, oui : lancements de produit, travaux neufs, affaires pour des donneurs d'ordres, contrats de maintenance, avec le client ou le site interne qui les commande. À la conduite de l'atelier, non : c'est le rôle du MES.

Un intégrateur qui déploie des MES peut-il piloter ses projets dans pylotik ?

Oui. Le déploiement d'un MES chez un industriel est un projet, souvent au forfait, avec ses jalons, ses recettes, ses comités et, ensuite, son contrat de maintenance. Voir le pilotage pour intégrateurs.

Sources

Les définitions citées.

Page mise à jour le . Sources consultées à cette date ; ce que fait pylotik est décrit d'après le produit en service à la même date.

La suite

Pour aller plus loin.

L'atelier dans le MES, l'affaire dans pylotik

Une démonstration sur un jeu de données déjà rempli : une affaire au forfait et ses jalons, un risque partagé avec le client, un comité et sa décision, la charge des équipes du projet.