Guide PSA ou PPM : quelle différence, et quel logiciel pour quel besoin ?

PSA ou PPM : les deux sigles se croisent dans les appels d'offres, mais ne désignent pas le même outil. Un PSA (professional services automation) répond à une société de services qui veut savoir si ses missions sont rentables. Un PPM (project portfolio management) répond à une organisation qui veut savoir si elle fait les bons projets, avec les bonnes ressources. Ce guide explique ce qui les distingue, donne des exemples, et montre ce que ni l'un ni l'autre n'a pour objet : le client et les équipes.

Première famille

Le PSA : « suis-je rentable sur mes services ? »

Un logiciel PSA est conçu pour les organisations qui vendent du temps et de l'expertise : conseil, ESN, intégrateurs, agences, cabinets d'ingénierie. Il suit le chemin qui va de la mission vendue à la facture : qui est affecté, combien de temps a été passé, ce qui est facturable, quelle marge reste.

Ce qu'un PSA couvre en général

Gestion des ressources et du taux d'occupation, saisie des temps et des frais, projets au forfait ou en régie, facturation, prévisions de revenu et marge par mission. L'utilisateur principal est le directeur des opérations, le responsable du staffing ou la direction financière.

Quelques exemples, selon leur positionnement

  • Kantata PSA pour les organisations de services qui facturent au projet, de taille moyenne à grande.
  • Certinia PSA construit nativement sur Salesforce, qui relie ventes, delivery, ressources et finance.
  • Timetta se présente à la fois comme PSA et comme PPM, pour les entreprises de projet.
  • Deltek Vantagepoint ERP orienté projet pour les cabinets d'architecture, d'ingénierie et de conseil.
  • Projektron BCS gestion de projet et ERP pour prestataires de services, facturation comprise.

Pour comparer ces outils fonction par fonction, voir le comparatif des logiciels PSA.

Seconde famille

Le PPM : « fais-je les bons projets, avec quelles ressources ? »

Un logiciel PPM regarde l'ensemble des projets d'une organisation comme un portefeuille d'investissements. Il aide à choisir lesquels lancer, à répartir budgets et capacités, et à suivre l'ensemble depuis la direction ou le PMO.

Ce qu'un PPM couvre en général

Collecte et priorisation de la demande, scénarios de portefeuille, planification avancée, gestion des capacités, budgets et prévisions, reporting consolidé. L'utilisateur principal est le PMO, la direction de la transformation ou la direction générale.

Quelques exemples, selon leur positionnement

  • Planisware éditeur français, avec Enterprise pour les grandes organisations et Orchestra pour les PMO.
  • Planview suite de gestion stratégique de portefeuille, qui comprend aussi un PSA, ChangePoint, et l'ancien Sciforma, devenu ProjectAdvantage.
  • ServiceNow SPM planification stratégique, demande, projets, ressources et finances, au sein de l'environnement ServiceNow.

Le détail de ces outils est dans le comparatif des logiciels PPM.

Côte à côte

Ce qui distingue les deux familles.

Les frontières ne sont pas étanches, mais la question de départ reste différente.

Différences entre un logiciel PSA, un logiciel PPM et le pilotage des engagements
DimensionPSAPPMpylotik
Question centraleSuis-je rentable sur mes services ?Fais-je les bons projets, avec quelles ressources ?Tenons-nous nos engagements, avec quelle marge et quelle équipe ?
Utilisateur principalDirecteur des opérations, staffing, financePMO, direction générale, transformationDirection des opérations, chefs de projet, managers, et le client
HorizonLa mission en cours et les prochaines semaines de staffingL'année budgétaire et la feuille de route pluriannuelleLa semaine de l'équipe, le mois du contrat, le trimestre des comités
Objet pilotéMissions, temps, affectations, facturesPortefeuille, programmes, investissements, capacitésContrats, projets, maintenances, portefeuille, équipes
Place du clientIl est celui que l'on factureSouvent interne : un métier ou une directionPartie prenante : il suit, valide ou refuse, avec un accès gratuit
FinancesMarge, facturation, revenu reconnuBudgets, prévisions, coûts et bénéfices attendusCommandé, facturé, payé, reste dû, coût et marge à terme ; factures émises par l'ERP
Typologie d'organisationSociété de services, ESN, cabinet, agenceGrande organisation dotée d'un PMOToute organisation qui mène des projets avec du temps humain engagé (industrie, BTP, ingénierie, numérique, service public), pour un client externe ou interne
L'angle mort

Ce que ni l'un ni l'autre n'a pour objet.

Le PSA regarde l'occupation et la facture ; le PPM regarde le portefeuille. Deux sujets restent en marge. Le client, d'abord : la rentabilité d'un engagement se perd dans la relation (un périmètre qui glisse, des dates qui bougent, des validations qui tardent), et un projet ou un contrat de maintenance se pilote à deux. L'équipe, ensuite : charge, usure, départs.

Faute d'outil fait pour cela, ce pilotage se reconstruit à côté : un tableur pour le reste dû, un diaporama pour le comité, une chaîne d'e-mails pour faire valider un compte rendu. Ce qui manque, c'est une donnée de référence commune au fournisseur, au client et à l'équipe.

C'est ce que fait pylotik. Il couvre plan de charge, temps, contrats et marge, ainsi que le pilotage et l'arbitrage du portefeuille : priorités, jalons, comités, décisions. Il n'émet pas les factures : il se connecte à l'ERP, par un connecteur réalisé selon vos besoins, pour lui envoyer les ordres de facturation. Il y ajoute le client et le management des équipes. Il a été construit lors de redressements et de structurations de centres de services et de projets, là où la marge se jouait autant chez le client que dans l'équipe. Mais là où un PSA vise les sociétés de services, pylotik s'adresse à toute organisation qui mène des projets : industrie, BTP, ingénierie, numérique, administration, service public. Le client y accède gratuitement, sans voir marges, charge ni données RH. Le principe est détaillé dans le pilotage des engagements.

Deux terrains couverts

Ce que pylotik couvre de chaque famille, et ce qu'il y ajoute.

Le terrain du PSA

Plan de charge, saisie des temps à la semaine, contrats au forfait ou au temps passé, commandé, facturé, payé, reste dû, coût et marge à terme. pylotik n'émet pas les factures : il se connecte à l'ERP, par un connecteur réalisé selon vos besoins, pour lui envoyer les ordres de facturation. Ni comptabilité ni CRM. Voir le suivi financier de projet et le pilotage des équipes.

Le terrain du PPM

Pilotage et arbitrage du portefeuille : charge, priorités, jalons, comités, décisions, avec un planning de type Gantt, des projets liés et des dépendances entre projets et jalons surveillées, sans recalcul automatique des dates. Voir le pilotage multi-projets.

Ce qu'il n'a pas

Pas d'émission de facture, pas de comptabilité, pas d'API publique ni de SSO, pas de ticketing ni de gestion de SLA : il se connecte aux outils de ticketing comme Jira et à l'ERP, par un connecteur optionnel. Les prix sont publics, sur la page tarifs.

Comment choisir

Les questions à se poser avant de comparer des outils.

  • Qui paie le projet ? Un client externe que vous facturez pose la question de la marge ; un budget interne à arbitrer, celle du portefeuille. Dans les deux cas, demandez-vous si le client et les équipes font partie de la réponse.
  • Quelle décision voulez-vous mieux prendre ? Affecter les bonnes personnes et protéger la marge, ou choisir les projets à financer.
  • Combien de projets, à quelle échelle ? Un PPM d'entreprise se justifie par un grand portefeuille et un PMO pour le faire vivre.
  • Le client doit-il voir et valider ? Si les comptes rendus, les jalons et les livrables doivent être validés par le client, vérifiez ce que chaque outil lui ouvre, et à quel coût.
  • Avez-vous des contrats récurrents ? Maintenance, volume de jours, comité avec le client : ni le PSA ni le PPM ne les mettent en général au centre.
  • Que faut-il intégrer ? ERP, outil de ticketing, CRM, comptabilité, SSO : listez les connexions indispensables avant la démonstration.
  • Où se reconstruit aujourd'hui votre pilotage ? Si la réponse est un tableur et des e-mails, le manque est peut-être le pilotage avec le client et les équipes, que ni un PSA ni un PPM n'a pour objet.

Quand un PSA ou un PPM reste préférable. Un PSA, quand la facture doit être émise dans le même outil sans ERP à côté, quand la comptabilité et la reconnaissance du revenu multi-entités sont au cœur du besoin, ou quand l'organisation est standardisée sur un écosystème précis (Salesforce, pour Certinia). Un PPM, pour un pipeline R&D en Stage-Gate, ou quand une suite PPM est déjà déployée à l'échelle du groupe.

Pour une grille plus complète, voir le guide pour choisir un logiciel de pilotage opérationnel.

Questions fréquentes

Ce qu'on demande sur les PSA et les PPM.

Quelle est la différence entre un PSA et un PPM, en une phrase ?

Un PSA aide une société de services à rester rentable sur ses missions ; un PPM aide une organisation à choisir et à financer les bons projets. Le premier regarde la marge, le second le portefeuille.

PSA ou PPM pour une ESN ?

Une ESN vend du temps à des clients : sa rentabilité relève du terrain du PSA plus que du PPM. Mais elle se joue aussi chez le client et dans les équipes. pylotik couvre staffing, temps, contrats et marge, y ajoute ces deux dimensions et envoie les ordres de facturation à l'ERP, pour une ESN comme dans l'industrie ou le BTP.

Un même logiciel peut-il être PSA et PPM ?

Certains éditeurs couvrent les deux : Timetta se présente comme PSA et PPM, Planview réunit un PPM et un PSA, ChangePoint, dans une même suite. Vérifiez alors si les deux usages vivent dans le même produit ou dans des produits distincts.

pylotik est-il un PSA ou un PPM ?

pylotik est un logiciel de pilotage opérationnel des engagements : charge, temps, contrats et marge comme un PSA, portefeuille, priorités et comités comme un PPM. Il n'émet pas les factures : il se connecte à l'ERP, par un connecteur réalisé selon vos besoins, pour lui envoyer les ordres de facturation. Il y ajoute le client, accès gratuit compris, et le management des équipes.

Peut-on utiliser pylotik à côté d'un PSA ou d'un PPM ?

Oui. Une organisation qui a déjà déployé une suite PPM à l'échelle du groupe peut la garder pour l'arbitrage, et confier à pylotik le pilotage avec chaque client et chaque équipe. Les connecteurs, optionnels, se réalisent selon vos besoins.

La suite

Pour aller plus loin.

Voir ce que ni un PSA ni un PPM ne montre

Une démonstration sur un jeu de données déjà rempli : un contrat, son projet, son comité et son équipe, vus par le fournisseur et par le client.